Constructing a sustainable Futur #4

Face à la pression sur les ressources, construire pour durer devient un défi majeur. Le secteur de la construction repense ses pratiques : prolonger la performance des matériaux, concevoir des espaces évolutifs ou encore valoriser la matière existante sont autant de leviers pour assurer la durabilité du bâti. DÉCRYPTAGE Bâtir pour durer RENFORCER LA PERFORMANCE DES MATÉRIAUX DANS LE TEMPS LONG Des matériaux mieux formulés, moins sensibles aux variations de température, à l’humidité ou aux contraintes mécaniques permettent de réduire les cycles de maintenance et de remplacement. La chimie de la construction joue ici un rôle central : prolonger la durée de service, maintenir les propriétés thermiques et mécaniques, éviter les dégradations prématurées. Allonger la vie des matériaux, c’est réduire l’extraction, la transformation et le transport de nouvelles ressources. DURER TOUT EN ÉVOLUANT Un bâtiment conçu pour un seul usage est un bâtiment fragile. Les besoins évoluent au rythme des transformations sociales, économiques et démographiques. Bâtir pour durer implique d’anticiper le changement. Réversibilité des espaces, structures capables d’accueillir de nouveaux programmes, systèmes techniques adaptables : la capacité à évoluer devient un critère majeur de durabilité. Transformer un immeuble plutôt que le démolir permet d’économiser des volumes considérables de matériaux et d’énergie, tout en prolongeant la valeur d’usage du bâti. CIRCULARITÉ ET TRAÇABILITÉ : PRÉSERVER LA MATIÈRE EXISTANTE Dans un monde où certaines ressources essentielles se trouvent en tension, chaque bâtiment doit être pensé comme un réservoir de matières prêtes à être réutilisées. Conserver le bâti existant, récupérer des composants, recycler des matériaux : la circularité devient un levier essentiel pour bâtir dans la durée. Elle suppose une meilleure traçabilité des composants du bâtiment, afin de connaître leur origine, leurs performances et leur potentiel de réemploi. Préserver les ressources, ce n’est pas seulement réduire les consommations futures, c’est aussi valoriser ce qui est déjà là, plutôt que repartir systématiquement de zéro. Faire durer les bâtiments et les infrastructures n’a jamais été aussi difficile. Les événements qui menacent leur longévité se multiplient : aléas climatiques extrêmes, pressions démographiques, obsolescence des usages, contraintes économiques. Pris dans cette tension, le secteur du bâtiment fait évoluer ses fondamentaux pour éviter que chaque bâtiment fragilisé ne génère de nouvelles consommations de ressources tout au long de son cycle de vie. RÉSISTER AUX CHOCS CLIMATIQUES SANS SURCONSOMMER L’approche de la résilience et de l’adaptation aux aléas climatiques permet de concevoir des bâtiments capables d’absorber les chocs, de maintenir leur fonctionnalité en cas de sinistre et de limiter au maximum les dégâts causés. Chaque sinistre évité, chaque dégradation contenue évitent des réparations lourdes, coûteuses en ressources et en carbone, prolongent la durée de vie du bâtiment et réduisent la pression sur les matières premières. L’UNIVERSITÉ DE LA VALLÉE D’AOSTE (ITALIE) est issue de la reconversion de l’ancien complexe de casernes Testafochi, et illustre une transformation réussie du patrimoine bâti en campus universitaire contemporain. Le site a été réhabilité en 2024 pour accueillir des espaces d’enseignement performants et adaptés aux usages actuels. 102

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