Au-delà du réemploi, préserver les ressources signifie aussi éviter de gaspiller. Cela implique de repenser en profondeur la manière de concevoir, utiliser et faire évoluer les bâtiments, notamment en utilisant mieux et plus longtemps les matériaux existants. Neuf leviers permettent d’y parvenir, en voici trois d’entre eux. ÉCLAIRAGE Ne pas gâcher! Oui, mais comment? 2 1 PROLONGER LA DURÉE DE VIE DES BÂTIMENTS COMME STRATÉGIE CLÉ Plus un bâtiment dure longtemps, plus les ressources utilisées pour sa construction sont amorties dans le temps. Concevoir des bâtiments robustes, adaptables et capables d’évoluer avec les usages permet d’éviter des démolitions prématurées, souvent synonymes de pertes massives de matériaux encore fonctionnels. La flexibilité structurelle, la modularité des espaces et la possibilité de transformation sont autant de solutions qui contribuent à cette durabilité dans le temps. Cette approche transforme le bâtiment en un actif évolutif, capable d’accompagner les mutations économiques, sociales et réglementaires sans nécessiter une reconstruction complète. Elle permet ainsi de préserver les ressources tout en sécurisant la valeur des investissements immobiliers. RÉDUIRE LA PRESSION SUR LES RESSOURCES DÈS LA CONCEPTION Les choix effectués en amont déterminent largement la quantité de matières mobilisées, leur durée d’utilisation et leur capacité à être réemployées ou transformées dans le temps. L’approche circulaire met l’accent sur une utilisation plus efficiente des matériaux, en évitant le surdimensionnement systématique et en privilégiant des solutions adaptées aux usages réels. Cette logique permet de réduire la consommation de matières premières tout en maintenant la qualité et la durabilité des bâtiments. Concevoir avec sobriété ne signifie pas construire moins bien, mais construire plus justement, en maximisant la valeur apportée par chaque ressource mobilisée. En intégrant ces principes dès la phase de programmation, le bâtiment devient un outil de maîtrise des flux de matières, capable de répondre aux besoins fonctionnels tout en limitant le recours aux ressources non renouvelables. RETROUVEZ l’article complet sur Constructing a sustainable future Cette synthèse s’inspire des analyses du rapport Building Prosperity, publié en 2024 par la Fondation Ellen MacArthur. 3 VALORISER L’EXISTANT : CONSTRUIRE SANS EXTRAIRE DAVANTAGE La rénovation et la transformation de l’existant constituent un pilier central de la préservation des ressources non renouvelables. En conservant les structures déjà en place, ces opérations évitent l’extraction et la transformation de grandes quantités de matériaux neufs, tout en limitant les déchets. La transformation d’usage, par exemple le passage de bureaux à logements ou la reconversion d’actifs obsolètes, illustre le potentiel de cette approche. Elle permet de répondre à de nouveaux besoins sans artificialiser de nouveaux sols ni mobiliser des ressources supplémentaires à grande échelle. Cette stratégie repose sur une vision du bâti comme capital matériel existant, dont la valeur peut être réactivée et augmentée. Elle favorise une approche plus frugale de la construction, tout en offrant des bénéfices économiques et sociaux, notamment dans les zones urbaines déjà denses. 117 116
RkJQdWJsaXNoZXIy OTA2Nw==